Vers la Corse en passant par .....

Visites culturelles d'envergure en chemin vers la Corse !

2021VOYAGES

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10 Octobre 2021

Nous avons assisté au dernier adieu à mon filleul et cousin Philippe Colombet. Et, sur la trace de mon papa qui faisait beaucoup de cas de « la chapelle de Brou », nous faisons du tourisme culturel. Nous visitons ce qui s'appelle maintenant le Monastère Royal. Rien de français dans cette merveille. Papa était prof d'Allemand spécialisé dans l'Autriche. Aussi, Il n'est pas étonnant qu'il se soit intéressé à cette œuvre remarquable. Ceci dit, je n'ai pas souvenir d'avoir visité ce chef d'oeuvre dans mon enfance. Suffisait-t-il au grand rêveur qu'était papa de passer par là, secouer la tête et s'écrier ah ! Les Habsbourg ! Mais là, pour la troisième fois, (les deux premières je passais en vélo), avec Jippy, nous avons pris le temps de voir. Pour l'histoire, je m'y reprends pour la troisième fois mais j'avoue que je me noie toujours. Bref, Marguerite d'Autriche était la fille de Maximilien du Saint Empire germanique et de Marie de Bourgogne. Elle est née à Bruxelles dans les Pays Bas bourguignons, morte à Malines dans les Pays Bas des Habsbourg en 1530,plus facile à se rappeler elle a été la tutrice de Charles Quint, gouvernante de Pays Bas etc... Vous suivez toujours ? Elle fut élevée à la cour de France comme fiancée dès l'âge de trois ans de Charles 8 qui lui a finalement préféré Anne de Bretagne. Répudiée en quelque sorte la gamine de 13 ans se marie à un bel espagnol Jean d'Aragon, promis au trône qui meurt six mois plus tard. Finalement, elle convole avec Philibert le Beau, duc de Savoie. Parfait ménage ! Il chasse et elle administre car Marguerite est une tête. Mais le ballot meurt à son tour à 24 ans des suites d'un accident de chasse et la pauvre fille de 25 ne se remarie pas. Trois fois, c'est déjà beaucoup. Elle refuse d'épouser Henri 8 Tudor et reste fidèle dans son âme à son cher jeune et beau mari décédé. Marguerite, tête pensante, âme belle, au carrefour des courants artistiques les plus achevés, riche, puissante, fait construire pr les plus grands artistes du Nord ce joyau. Et puis, Jippy et moi, qui avons passé la nuit sous la tente dans le brouillard de la Bresse, nous nous y promenons.

Ce n'est pas le tout de s'émouvoir sur le destin et le talent de Marguerite d'Autriche. Notre destination d'aujourd'hui est Aix les Bains et son lac du Bourget ô Lamartine.

Le col du Grand Colombier est situé entre le point culminant et la croix du Colombier (1525mètres); la route d'accès, côté Bugey (depuis Artemare) possède des pourcentages à plus de 20%.

La D 123 franchit également la montagne du Grand Colombier au nord du sommet au Golet de la Biche à l'altitude de 1310mètres.

Rien ne prouve que nous soyons passés par là. Mais, suivant l'ennemi de Jippy, le GPS , nous avons suivi Dieu sait quelle petite route infiltrée entre des falaises, splendides sans doute mais la question était : est-il possible d'en sortir ? Nous en sommes sortis parce que le Dimanche les travaux sur les routes sont suspendus et nous avons bravé une interdiction de passer. Sinon, la déviation nous emmenait droit au pays où l'on n'arrive jamais à moins bien sûr d'avoir un tapis volant.

Lundi 11octobre 2021

Aix les Bains.

Nous étions les seuls clients des campings précédents, en pleine nature. Mais ici à Aix, nous sommes à côté du cirque Arlette Grüss. Oublions la sauvagerie. Comme des pauvres et des jeunes que nous ne sommes pas, nous jetons notre tente parmi les campings cars. Ils sont nombreux ceux qui tournaient la tête en faisant semblant de ne pas voir notre piteuse installation. Mais en réalité, tout est sous contrôle pour un confort minimaliste mais sans faille. Nous voisinons avec deux dames. L'une a 76 ans comme moi, l'autre est sa petite sœur. Victime d'un accident de la route à l'âge de six ans, elle est maintenant en fauteuil. Ce n'st pas le tourisme qui les a attirées mais les sources thermales qui font du bien à l'infirme. Il y a sur terre des gens admirables. La plus jeune a tous les matins un bon moment : elle se fume une petite cigarette dont elle place soigneusement le mégot dans une petite boîte. Le camping est entièrement adapté aux handicapés. Non, M. Renuit. Les pauvres infirmes ne nous pourrissent pas la vie. Avec finalement très peu d'organisation, (des plans inclinés à la place de trottoirs) ils peuvent vivre. J'y suis sensible aujourd'hui car j'ai promis à ma cousine Françoise Colombet de lui organiser un saut tandem avec Marin. Fanfan a une sclérose en plaque. Elle réussit à vivre toute seule. Des héros, il y en a plein la nature.

11 Octobre Aix les Bains Nous sommes bien intéressés par le cirque notre voisin. Ce qui nous plaît, c'est la vie quotidienne. Mais admirons le lac du Bourget

En bons touristes, nous nous laissons convaincre par une visite en bateau à l'abbaye de Hautecombe. Parmi les passagers, je remarque un individu qui n'a pas le look attendu. Parbleu, c'est un breton qui se promène, dort dans sa voiture, se laisse pousser par le vent et ses envies et finalement se cherche un petit travail d'hiver en attendant sa retraite. Car l'élevage de poulets, son employeur l'a laissé tomber. Pour lui, un masque , c'est une muselière. Il a serré la pince à François Hollande. Il l'a trouvée un peu moite. Il ne visite pas l'abbaye qu'il connaît déjà. Nous , si. L'occasion de voir si ces ducs de Savoie avaient autant de goût que Marguerite d'Autriche.Après diverses destructions, l'abbaye a été reconstruite au 19ème siècle dans le style baroque troubadour,Dieu sait seul ce que peut être ce style. En tous les cas, c'est lourd et n'a rien à voir avec le goût exquis de Brou.

Les moines bénédictins qui finalement occupaient l'abbaye à la fin des années 1980 ne s'y plaisent plus car ils trouvent l'endroit trop touristique. Normal, c'est ici que Lamartine ayant sauvé de la noyade la belle et poitrinaire Julie Charles, revint seul l'année d'après et écrivit le poème si célèbre. Un soir, t’en souvient-il ? nous voguions en silence ; On n’entendait au loin, sur l’onde et sous les cieux, Que le bruit des rameurs qui frappaient en cadence Tes flots harmonieux.

(...)

Ô temps, suspends ton vol ! et vous, heures propices, Suspendez votre cours ! Laissez-nous savourer les rapides délices Des plus beaux de nos jours !

Donc, ces bénédictins se réfugient à l'abbaye Notre Dame de Ganagobie, celle que nous avons visitée après les Pénitents il y a deux ou trois ans. Mais avant de partir, ils avaient demandé à la Communauté du Chemin Neuf de venir s'y établir et ces braves gens y sont toujours. Ils oeuvrent pour le bien de nos âmes avec conviction et talent, mais sincèrement, sans moi.

12 octobre visite de Chanaz.

Le lendemain, merveille des merveilles, en voiture cette fois, nous visitons Chanaz , là où le lac par l'intermédiaire d'un canal va faire sa jonction avec le Rhône. Nous sommes fascinés par la clarté de l'eau, sa couleur d'un vert de pierre précieuse.

Et puis nous visitons le bourg qui est si différent de notre chère Bretagne et aussi de nos chères Hautes Alpes. Vraiment, le Bon Dieu s'est surpassé.

Nous affrontons la côte sauvage du lac pour rejoindre Chambéry. La route escalade, virevolte, tournicote et nous offre de superbes vues sur le lac et, surprise sur l'abbaye de Hautecombe vue d'en haut.

Il ne nous reste plus qu'à plonger sur Chambéry, son château, sa vieille ville aux ruelles minuscules.

C'est tout pour aujourd'hui. Demain, 13 octobre, nous mettrons le cap sur Gap où une belle surprise nous attend.

Mercredi 13 octobre.

A peine sommes nous éveillés, un message de Céline fait bouillir nos veines. Kirikou ne veut plus être kirikou. Il veut un vrai prénom et comme son papa vient d'arriver pourquoi ne pas faire son plongeon dans la vie puisqu'il est déjà un gros père de trois kilos. Chiche !!! Il se prépare, et se prépare encore et se fait beau. C'est au point que Céline se sent obligée à aller chez le coiffeur. Nous arrivons en évitant l'autoroute, nous grimpons la route Napoléon, nous accostons 10 rue Marcel Proust, je me fais déposer chez le coiffeur, reviens avec Céline et hop, il est là, le petit prince. Il s'appelle Marlo.

Jeudi 15 octobre

Nous sommes arrière-grands-parents ce qui ne libère pas Jippy de ses vices. Nous avons rendez-vous avec Marin au col des Guérins pour son petit échauffement matinal. Il a grimpé au pas de course sur la montagne de Céüse et il descend en parapente. Il a bien récupéré de son covid, le coquin, alors Jippy n'y tient plus. Il s'offre un petit tour de soufflerie avec son cher garçon

Le contenu de mon article

Bright living room with modern inventory
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Le soir même, nous avons un goûter officiel chez Emilie Ferré Pondard en présence de ses enfants qui sont aussi, le croiriez-vous ? Nos petits enfants. Maelys coupe soigneusement le gâteau à rien dont nous sommes honorés : ni farine, ni lait ni œufs.

Notre Colinette arrive. Elle a un important rendez-vous avec ses copines. Céline est partie prêter main-forte à Clémentine. Damien pense que nous pouvons cohabiter avec toutes les nymphettes. Mais nous trouvons un camping à Aix et nous voilà partis.

Dimanche 17 octobre

Hier, Samedi, nous avons trouvé un camping dans les pins quasiment en plein centre d'Aix. Armés de nos téléphones, nous nous faisons conduire à la pâtisserie où travaille Capucine. Contact, réponse, la jolie s'arrange pour que nous ne voyions pas son nouveau copain. Et puis au restaurant, elle vole une serviette. Quel bel âge.

A Aix, la douceur de l'air est envoutante. Des oiseaux font un vacarme assourdissant.

Aujourd'hui, nous allons affronter Marseille, le port de la Joliette et l'embarquement pour la Corse. Nous ne rigolons pas. Heureusement, nous sommes Dimanche et on peut supposer que les Marseillais se tiendront plus tranquilles.

Evidemment, c'est particulier. Ce n'est pas exactement le pourtant célèbre port de la Trinité sur mer. Un peu égarés comme de juste par le GPS, nous avons erré dans un quartier très spécial où les bâtiments ultramodernes cohabitent avec une ambiance de tiers monde. Mais au bout du compte, nous sommes dans la bonne file pour embarquer et nos différents laissez-passer font que nous sommes avalés par le garage du bateau. Sauvés, vive l'aventure.

Il est clair que les Ferry modernes n'ont pas grand chose de commun avec le ville d'Alger de ma jeunesse, mais Notre Dame de la Garde, en face de Notre Dame d'Afrique (ô ma jeunesse) tient le coup.

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Notre Dame d'Afrique qui accueillait les Oudry lors de leurs transhumances. Mais c'est hors sujet, c'st en Corse que nous allons. Je ne suis jamais allée en Corse de ma vie.

Et c'est Ajaccio. Pas de Napoléon en vue.

Et voici où nous allons habiter dans le confort. Pas trop mal pour nager.

Nous ne sommes pas venus ici pour enfiler des perles mais, Jippy du moins, pour sauter. Je m'amuse à nager au pied de l'hôtel U Libati le long de la plage qui fait plusieurs kilomètres dans une eau parfaitement pure. Et je jette un coup d'oeil sur un chemin de randonnée, tout près. Mais la nuit va tomber, c'est déjà le soir tout rose.

J'aurais pu aller par ce sentier à Campu moru (Calanova) à la tour Génoise.( Pour donner un air corse, il faut mettre des u partout. Le Corse écrit, c'est trop facile). Mais il était trop tard. J'ai dû rebrousser chemin et marcher dans un air tout rose.

Le lendemain,20 octobre, je pousse jusqu'à Propriano, petite ville grise, d'aspect austère, car les pierres grises ont l'aspect du béton.

Mais les Corses ont de la fantaisie. Et puis, conformément à leur légende, apparemment ils aiment bien se battre. C'est le seul monument aux morts que j'ai vu où le soldat a l'air tout heureux de partir en guerre. Et puis, que de morts pour une petite ville.

J'ose rentrer par la plage. C'est un pari parce que normalement un petit oued me sépare de l'hôtel.Pari gagné. L'oued se termine par un étang au-delà duquel on peut traverser à pied sur le sable. Mais comment l'eau s'écoule-t-elle ? Tout simplement elle suinte jusqu'à la mer en se glissant en-dessous du sable.

Original, non ?Au reste, je ne suis pas rendue car il me faut encore marcher pendant à peu près deux kilomètres dans le sable très mou. J'en ai plein les jambes mais j'ai la distraction de voir les paras se poser sur la plage. Mon fils, oui bien sûr, mais mon mari, non. Ce n'est plus de notre âge et d'ailleurs, des meetings, y compris au bord de la mer, nous en avons vécu suffisamment .

21 Octobre

Etant en Corse, je dois randonner. Je repère le sentier mare i monti et me mets en devoir de le suivre. C'est trop loin. J'en suis quitte pour suivre la corniche de Propriano. Interessant. Les Corses vouent à leurs morts le respect des civilisations méditerranéennes.

Entre leurs morts honorés par des mausolées et la route accrochée à la montagne, ils n'ont pas le choix. La route passe au milieu des tombeaux.

Je suis sur la corniche, mais c'est bien joli quand même.

Je suis un peu fatiguée de marcher d'autant plus que le matin je nage dans l'eau tiède et transparente. Il est temps que je rende visite à ma famille à 3 kms de l'hôtel.Ils s'éclatent, ils sont heureux. Ils sont jeunes, ils font des orgies d'adrénaline. Sur mon chemin, j'admire des frégates, superbes oiseaux de mer. Mais admirons d'autres oiseaux.

Et surtout, l'oiseau principal .... Jippy, exalté par son fils.

Voilà qui met bien en appétit : nous allons à Propriano acheter des délices corses : saucisson, fromage, mais surtout, des calamars préparés à la mode locale: un délice.

Dimanche 24 Octobre.

Le stage est fini. Nous restons quelques jours de plus pour jouer le touristes, les vrais. Il nous faut donc randonner. Nous trouvons l'entrée de la partie sauvage du monte et mari et il ne s'agit plus que de grimper parmi les cailloux qui déboulent. Dirons nous que le paysage est superbe ? Depuis que nous sommes en Corse, tout est beau. Disons simplement que nos mollets sont mis à rude épreuve. Allez, on y va !

Finalement, on s'en sort ! Et puis quand même, au retour le regard s'enchante d'une montagne qui n'est pas recouverte par le maquis et qui est rose.

Le lendemain, 25 octobre, nous visitons la tour génoise de Campu Moru. Un sentier suivra la mer.Pourquoi pas . Mais, nous le verrons, c'est un sentier corse. En attendant, coup d'oeil sur la tour génoise. La construction de ces tours génoises est la conséquence de la prise de Constantinople par les Turcs en 1453 ; les Barbaresques commencent à razzier les côtes et le feront pendant trois siècles. Elle débuta au XVIe siècle à la demande des communautés villageoises pour se protéger des pirates.Dès 1531, l'édification de quatre-vingt-dix tours est décidée sur le littoral corse .Ces nids-de­ pie placés en avant-poste prévenaient et défendaient des attaques des Barbaresques et de tous les dangers venant de la mer. En 1730 l'île a 120 tours . Commençons par la nôtre.

Ce qui nous intéresse aussi, c'est voir de plus près le maquis. D'après internet, les plantes les plus communes pour constituer cette impénétrable végétation sont :

  • l'Arbousier (Arbutus unedo) ;

  • la Bruyère arborescente (Erica arborea) ;

  • le Calicotome épineux (Calicotome spinosa) ;

  • le Ciste de Montpellier (Cistus monspeliensis),

  • le Ciste à feuilles de laurier (Cistus laurifolius) ;

  • le Ciste à feuilles de sauge (Cistus salviifolius) ;

  • des Immortelles comme Helichrysum italicum ;

  • la Lavande à toupet (Lavandula stoechas) ;

  • le Pistachier lentisque (Pistacia lentiscus) ;

  • le Filaire à feuilles étroites (Phillyrea angustifolia) ;

  • le Myrte (Myrtus communis) ;

  • le Romarin (Rosmarinus officinalis).

Vous l'aurez compris, j'y renonce. Nous tentons quelques photos, mais rien qui nous donne la mesure du légendaire phénomène.

Le moins qu'on puisse dire, c'est que cette végétation est partout et qu'elle montre une vitalité exemplaire. Bien entendu, nous galopons sur la fortification de la tour, et à l'intérieur, nous suivons la trace de l'ancêtre de notre ami Pozzo di Borgo.

Le plus étonnant reste à venir. Nous marchons dans un extraordinaire chaos de roches les plus surprenantes. Nous ne sommes pas à Huelgat, quoique quelquefois un faux air de granite en folie nous fasse penser à notre terre lointaine. Admirons les formes fantastiques qui animent ce rivage méditerranéen.

Il est rose, ce granit ou je ne m'y connais pas. Un peu jaune aussi, bref, éblouissant.

Oh ! Les drôles d'animaux. D'accord, nous suivons un sentier, mais un sentier corse, n'est-ce pas ?

Il n'est pas rassurant cet animal corse. A se demander si je ne préféré pas un empereur corse !

Plus apaisé, voilà le décor de carte postale de notre pantagruélique breakfast (ce n'est pas vraiment un petit-déjeuner) sur la terrasse de notre cher u livanti que nous quitterons tout-à-l'heure.

Mardi 26 Octobre

Il faut bien aller prendre le bateau et ce sera à Bastia. Nous aurons à traverser la Corse du Sud au Nord. Notre premier arrêt est à Sartène, petite ville extraordinaire accrochée à flanc de montagne, totalement verticale, car elle s'est construite avant la protection des tours génoises pour échapper aux pirates. C'est la plus corse des villes corses d'après Prosper Mérimée qui s'y connaissait.

C'est bien un cimetière ce bourg que j'aperçois au loin à flanc de coteau.Non seulement les morts ont de superbes demeures mais généralement ils jouissent d'une vue magnifique. Il est vrai que ceux-ci ont bien donné dans leur vie que ce soit dans la vendetta ou la résistance. Sur le monument aux morts, il n'y a pas moins de 11 Léandri.

Et puis, nous roulons vers la ville la plus touristique, blanche, aimable qui ne détonerait pas sur la côte d'Azur. Ses falaises blanches lui enlèvent la nuance austère et farouche des autres villes que nous avons visitées. Et pourtant, quelle forteresse ! Inexpugnable ! Elle n'a jamais été conquise que par la peste noire en 1523 qui tua 4 300 des 5000 habitants. Et bien ! Je préfère encore me vacciner, même trois fois contre le coronavirus.

Je vous offre une vue zoomée des falaises blanches, uniques en Corse de Bonifacio.

Mais foin des histoires compliquées de la ville entre Pisans, génois, barbaresques , français. Ils sont nombreux ceux qui voulaient posséder cette ville stratégique. Mais quant à nous, nous nous offrons juste un de ces petits délices corses (aujourd'hui, du fromage, mais ne pas oublier la confiture de figue) en guise de repas de midi. Vive la vie !

Et de rouler jusqu'à notre camping par la route la moins poétique. Ras le bol des merveilles enroulées de façon inextricable autour des montagnes. Nous renonçons même à la découverte de panneaux indicateurs criblés de balles. Nous passons à Aleria sans trop nous attendrir sur ce berceau du nationalisme corse. Pouvons-nous être partout ? Il nous faut rallier le camping Aria Marina à Meria au Nord de Bastia. Là aussi, il y en aurait des visites intéressantes. Mais nous dormons tranquillement dans notre petit chez-nous, c'est-à-dire notre tente.

Encore une tour génoise, à Erbalunga. Nous sommes intrigués par deux îles au loin. L'une d'entre elle s'appelle Monte Cristo. Vous y croyez ? Nous prenons des forces pour gérer Bastia et l'embarquement .

27 Octobre, Bastia.

Napoléon premier en empereur romain avec une mouette sur la tête. Ah !!!

Et qu'ils rient et qu'ils jacassent et qu'ils s'amusent. Enfin ! Si leur bateau fait naufrage, ils seront entraînés.

Nous n'avons pas fini, il nous reste à expérimenter un ascenseur, des escaliers, un palais du gouverneur, des petites rues, la preuve que leur empereur corse n'était pas si corse que ça car il a supprimé au moins dix évêchés pour n'en garder qu'un ou deux nous dit une plaque commémorative. Je ne suis pas sûre de l'exactitude de ce que je me rappelle. Mais c'est l'idée. Il y a encore à sourire du gamin qui a plongé pour dégager sa ligne de pêche et qui du coup a capturé un gros poulpe. Et puis, il est temps d'embarquer sur le Pascuale Paoli. « Persistons fermement dans la généreuse résolution de vivre et de mourir indépendants. Ce discours ne s'adresse point aux âmes lâches et timides. S'il s'en trouvait de telles parmi nous, nous les renoncerions pour nos compatriotes. » Ainsi parlait le général Paoli qui s'opposa à la conquête de la Corse par les Français en 1769. Rallié à la Révolution Française etc, etc..., plutôt mal avec les Bonaparte etc.... Mais stop, embarquons.