Voyage vers Plouzenec

20 août 2021, Jippy veut rouler en autonomie jusqu'à Plouezec pour rendre visite à Gilles et Martine .... Il y a quelques raisons d'hésiter: nous n'avons pas de tente de randonnée 2 Places, et nous sommes pris par le temps ...

2021VOYAGES VÉLO-BIVOUAC

Le 28 août, Jippy veut concourir au Celtic Trophy. Le 30, Guilhem doit faire son tandem et dans la foulée ou presque mon très jeune mari a programmé d'aller au boogie de Nancy. Je propose de rester à la maison pour faire la sécurité tandis que le héros prendrait mon matériel. Mais que non pas ! Nous roulerons en famille. D'après Jippy, il faut 2 jours pour monter dans le Nord. D'après moi quatre. Mais qu'à cela ne tienne, comme Saint Thomas, je ne demande qu'à croire. Il va de soi que l'Homme fera la route, à l'ancienne bien sûr avec carte papier. Il est vrai qu'il a passé l'après-midi de Jeudi à la repérer sur l'ordinateur. Si quelqu'un se garde bien d'intervenir, c'est moi. 52 ans de vie commune, c'est un début d'expérience.

Nous voilà partis avec la tente décathlon ligotée sur la carriole de Jippy. Notre premier arrêt est à Kergoulec pour rendre visite à Eugène et Brigitte qui sont malades. Et Eugène a bien mauvaise mine quoique charmant comme d'habitude. Notre route continue ensuite selon les plans de Jippy et je dois dire que c'est parfait. Dès le départ, nous jouissons du charme de la randonnée : voir des amis qu'on n'aurait pas vus autrement, tomber sur des lieux qu'on avait ignorés jusqu'à maintenant.

Nous nous trouvons au milieu d'un alignement qui n'est pas celui de Carnac tout beau tout propre mais sauvage au milieu d'une forêt, les alignements de Kersolan (commune de Languidic), je dirais forêt de Camors.

Et puis, nous continuons, le soleil brille la vie est belle, Jippy cherche le chemin de halage du Blavet. que nous trouvons rapidement, plutôt que prévu même. Laissons nous glisser.

Parmi les merveilles très photographiées du Blavet, il y a la chapelle, St Gildas tête en haut, tête en bas, avant St Nicolas des Eaux . Nous n'irons pas plus loin que St Nicolas car se trouve dans ce lieu champêtre et aquatique, quoi donc, un camping !

Et au matin, surprise surprise, nous sommes désignés par la fatalité pour passer le test suprême auquel nous avions échappé en bateau sur la Mayenne, le réveil sous une pluie battante et donc la nécessité de faire le petit-déjeuner sous la tente décathlon qui n'a pas d'auvent. Croyez-moi si vous voulez mais mon jeune vieux mari, raide, toc , et tout ce qu'on veut, s'en tire admirablement. Et la pluie continue tandis que nous suivons toujours le Blavet. Jippy se déguise un peu d'un pantalon étanche et d'un blouson qui le trempe de sueur. Il est courageux, il ne se plaint pas. Il y a plus simple mais ce n'est pas dans sa nature. La tête haute, nous passons à Pontivy et je pense à part moi que la petite route pour Saint Aignan est agréable , idéale pour un cycliste, c'est Jippy qui dirige et nous suivons le Blavet et ses méandres infinis. Je suis assez contente de reconnaître une ou deux écluses. Il y a un tronçon que j'évitais autrefois et donc que je ne reconnais pas. Au Stumo, nous continuons la route la plus longue mais nous aurons une récompense. Il se fait faim, il pleut moins, nous croisons des collègues arrêtés pour manger. Ouf, nous stoppons.

Cette écluse de Poulhibet fait honneur à notre ancienne patrie. Elle fournit de l'eau et même sous une forme particulièrement affable. Même les chiens ne sont pas oubliés, ils ont leur gamelle. Dans la maison une toupie est occupée à offrir le café et éventuellement vendre des sacs à main qu'elle fabrique dit-elle « pour garder le moral car elle a un cancer. Son mari d'ailleurs est déjà mort de quelque chose d'atroce. Le Docteur Ferré ? Bien sûr qu'elle le connaît , il l'a opérée autrefois ». Et le Docteur apparaît dans toute sa gloire de randonneur crotté.

Ce Blavet tout plat, il faut bien le quitter. Nous montons à Mûr sachant bien qu'au-delà, les reliefs ne sont pas innocents. Je pédale moitié dans le passé moitié dans le présent car nous passons par St Gilles Vieux Marché et Saint Mayeux. J'ai roulé par là autrefois avec Jacqueline Corniquel.

A partir de Saint-Mayeux, voyager vers Corlay c'est traverser la brousse. Au milieu de cette campagne oubliée, Jippy tombe en panne. Son changement de vitesse est cassé. Je sais bien que la campagne se vide mais je pensais que Corlay gardait une vie de centre rural avec quelqu'un pour réparer le câble fautif. Non, deux épiceries cependant sont ouvertes. J'achète de quoi faire bombance tandis que Jippy se convainc qu'il ne trouvera pas de quoi réparer. Allons donc au camping. Même le camping est abandonné. Il existe toujours, offrant de l'eau, à l'état de terrain de jeu pour les enfants. Quel joli paysage. J'aime dormir dans un cadre enchanteur.

22 août 2021

Nous avons appelé nos amis à l'aide et miraculeusement, ils sont venus à notre secours car ils avaient une remorque pour mettre notre matériel. Nous avons découvert la maison de leurs rêves qu'ils ont cherchée pendant plusieurs années. Après seulement deux jours de voyage, nous avions l'impression d'être partis depuis un mois. Aussi, le bon repas végétarien de Martine, pris sur la terrasse nous enchantés. La maison m'a surprise par ses dimensions. Elle est grande, blanche, impeccable. Le jardin de Gilles est immense. C'est un pré dont l'herbe est impeccablement tondue et très verte car nous sommes dans le Nord. Le climat n'est pas le même. Tout est aligné au cordeau. Le potager est très beau avec son grand Dalhia rouge et les cultures potagères alignées impeccablement. Martine a tout un métier pour utiliser les courgettes et les autres légumes. Le long de la maison, il y a diverses tombes bouddhiques. J'en fais la remarque à Gilles qui avoue que ce n'est pas par hasard. Il aime s'y recueillir. Aucun mort d'ailleurs ne repose sous ces galets noirs et blancs. On chercherait en vain une mauvaise herbe ou une irrégularité. « Quel travail » me témoigne l'artiste. Mais nous avons un programme à remplir. Je ne m'en plains pas. L'emploi du temps est bien conçu. Nous visitons d'abord des champs d'hortensias. Ils sont cultivés pour servir de guirlandes de Noël aux Allemands quand ils seront dûment récoltés et séchés. Au-delà des étendues bleues rose et mauves des fleurs bretonnes, la mer déploie ses couleurs bleues et mauves. Nous la dominons car les falaises de la côte de la Manche sont beaucoup plus élevées que celles par exemple de Quiberon.

Il y a ce champ là et d'autres et d'autres. Je pense que nous sommes dans les paysages de « pêcheurs d'Islande »mais ce n'est évidemment pas sous cet angle que Pierre Loti voyait ses malheureux bretons . La merveille suivante programmée par Gilles est une chapelle que nous avons la possibilité rare en Bretagne de voir d'en-haut. Mais pas de doute, nous sommes bien dans la dangereuse patrie des audacieux marins. La sainte vierge tient l'ancre de miséricorde.

Nous sommes au cœur véritable de pêcheur d'Islande. Mais retournons à la plage facétieuse et à ses sports plus récents.

Une grosse glace à Paimpol et la journée de découverte est terminée. Il nous reste à dire du mal des camping cars, de l'alimentation carnée et de l'absence de spiritualité.Mais plus fort que tout, nous nous régalons des créations de Martine . Il ne lui faut que des légumes pour fabriquer ses chefs d'oeuvre.

Et ensuite retour à Carnac. Nous mangeons des crêpes à la Petite Métairie. Mais auparavant nous aurons aussi visité le moulin de Craca